Test du casque de réalité mixte Aryzon

Déjà évoqué dans les trois casques de réalité mixte de type « Cardboard-like », Aryzon est une jeune société Néerlandaise proposant une expérience de réalité mixte pour trente euros, alors que ses trois concurrents haut de gamme, Hololens (Microsoft), Meta 2 et Magic Leap One sont accessible aux alentours de 1800 euros et d’avantage, pour un niveau de service tout autre (voir plus loin). Pour une première expérience de la MR (Mixed Reality), le produit d’Aryzon est donc un intéressant produit de test, on lui promet le même succès populaire que l’original Cardboard de Google, lancé en 2014 (déjà). Ayant commandé le kit, j’ai donc pu le tester. Verdict.

L’aspect général du kit, hors de sa boîte et monté. Le test s’effectue sur un Samsung S8+ et S4.

Unboxing et montage

Surpris déjà par la boîte, relativement petite par rapport à la taille du produit final une fois monté. Souci d’économie de moyen et de taille, écologique. Bon point pour commencer (voir photo ci-dessous).

La boîte est assez classique et s’ouvre par le dessus mais respire la solidité. C’est du carton très épais, comme le casque lui-même. Les éléments sont emballés et séparés. Ils comprennent:

  • Un flyer de bienvenue avec QR Code
  • Le casque lui-même plié, à remonter
  • Une sangle sous sachet, avec deux stickers scratch
  • Un coussin pour le visage
  • Un disque de calibration en carton (et Marqueur)

Casque Aryzon assemblé, fermé avec smartphone, et marqueur/disque de calibration.

Présentation

Le casque est une pièce plus complexe qu’un cardboard: On peut le schématiser comme un périscope. L’image transite depuis la partie inférieure où se trouve logé le smartphone via un miroir orienté à 30% environ est redirigé vers deux lentilles, le miroir au-dessus et se superpose sur vitre avec visière à l’avant, permettant de voir en avant avec un effet « spectral » de l’image digitale splittée.

Parler de réalité « mixte » dans ce cas est vendeur mais pas représentatif du standard comparé à des appareils plus onéreux (Hololens et consorts) car ne proposant ni haptique, ni interface MR, et un usage restreint à de l’affichage de modèles 3d avec une interaction limitée au regard.

Avant de démarrer le montage, il est fortement conseillé de scanner le QRCode présent sur la boîte ou le flyer de bienvenue, pour télécharger et installer l’application Aryzon (106 mo). Les développeurs trouveront leur bonheur sur la page d’accueil du site pour télécharger le SDK. Une fois l’appli téléchargée, un plan de montage slide par slide est proposé, avec des animations.

  1. Détacher les films protecteurs des miroirs
  2. Pliage de la boîte, mise en volume (côté, visière…)
  3. Assemblage de la partie supérieure, notamment la partie haute (pliage des coins) et basses (encastrement)
  4. Replier les cloisons au-dessus du miroir
  5. Passer la sangle trois points dans l’ouverture du miroir et à travers le la visière supérieure
  6. Coller les stickers pour les scratch permettant d’attacher les points latéraux de la sangle
  7. Coller le cousin de visière sur les quatre scratch pliés

Points Forts:

  • Carton épais de bonne facture
  • Sangles de qualité correcte, coutures et assemblage propre, avec patch de nuque
  • Coussin confortable
  • Réglages possibles en se servant des scratch
  • Bon maintien avec les trois points
  • Assemblage logique et relativement facile
  • Ventouses pour que le smartphone reste bien en place

Points faibles:

  • Du fait de l’épaisseur du carton, la pliure de la partie supérieure du casque est quasi impossible. Après avoir tenté les agrafes, je suis passé à la superglue. Idem pour la partie basse (encastrée).
  • Certains éléments difficile à assembler, comme passer la sangle, ou les languettes devant le miroir de réception, qui tiennent difficilement à deux dans la découpe
  • Lunettes correctrices non compatibles: Trop étroit.

Aryzon externe

Vue arrière, avec le coussinet du viseur

Fonctionnement:

Une fois le téléphone en place, application lancée, il est proposé de calibrer le casque en se servant du disque fourni. L’opération consiste à tenir le disque face à sa réplique en réalité mixte. Une fois superposé à la bonne distance, les paramètres sont enregistrés. Pas forcément une étape facile selon les conditions de lumière, j’ai dû m’y reprendre à deux fois. En revanche l’application propose de refaire la calibration à tout moment. Ce disque est important car tous les éléments 3d s’affichent au-dessus. En retour, on peut bouger le disque, ce qui fait également bouger le modèle 3D de façon réaliste (voir plus loin).

Une fois opérationnel, on s’attend à une démo, comme Daydream, Cardboard, Hololens, Meta et d’autres. Mais ici, rien de tel. De base, Aryzon propose un menu d’entrée avec… une bibliothèque de modèles 3D (AR) une app de visualisation de ses propres modèles 3D et des minijeux. Une interface permet d’effectuer des recherches dans la bibliothèque.

Une impression (.mp4) du fonctionnement d’Aryzon: Faute de cast, comme la plupart des casques MR qui « trichent » avec la vision, un film pris par le second smartphone dans le casque permet de se faire une idée du visuel 3D affiché (ici une cuisine)

Important:

Pas d’haptique, ni manette, ni bouton.
L’interaction au niveau de l’UX consiste à regarder quelques secondes un élément de menu.

Verdict:

Pour le prix, nulle doute qu’Aryzon semble difficile à battre (sinon par Holokit, à tester prochainement), et il restera Zapbox qui lui propose des manettes. Il permet effectivement d’afficher des modèles 3D et de les faire évoluer, tourner, tant qu’ils restent au dessus du disque. L’interface est intuitive, quoique l’utilisation du « gaze » avec des temps d’attente pour valider les choix, bien que convenables à mon sens, peuvent rendre l’expérience fastidieuse en recherche.

-Le champ de vision est très correct. En fait il est même meilleur à mon sens qu’Hololens, et équivalent à Meta, au moins au ressenti. Maintenant ces deux derniers proposent un niveau d’interaction bien supérieure, via l’haptique, la possibilité de « coller » des éléments dans le décor, créer sa propre UX, etc.

-Le rendu des modèles 3D est correct. L’image est nette, précise, mais c’est sans doute dû à la résolution du téléphone lui-même. Les images 3D sont transparentes et brillantes, donc au niveau d’un éclairage moyen (assez pour que le téléphone voit le disque de calibrage), c’est très correct. On peut approcher le modèle à quelques centimètres et sentir avoir affaire à une maquette, mais translucide, « spectrale ».

Aryzon 5

-Si la qualité du rendu est correct, il n’en est pas de même de la précision de l’affichage. Le temps de réponse diffère selon les smartphones utilisés, et le calibrage est sans doute en cause, mais l’image semble se « balader » au-dessus du disque, elle flotte (temps de réponse, fps). Là encore, avec une puissance suffisante il est possible que ce soit bien meilleur.

-Test sur un smartphone Samsung S4: Sur un modèle plus ancien, que vaut Aryzon ?  L’installation et la calibration se sont faites sans trop de problème, mais le temps de réponse et un bug d’affichage sont sans doute liés à une version plus ancienne d’Android. L’affichage du modèle 3d (ici complexe) est un peu plus difficile, le fps tombe très bas lorsqu’en approche le modèle tout en tournant le disque, mais pour une démo même avec un modèle complexe ça reste utilisable. Cela ouvre donc accès à une large gamme de smartphones compatibles ArKIT/ArCore (Android et IOs). Notez que je n’ai pas vu dans la bibliothèque de modèle 100% animé, mais c’est possible (test de modèle partiellement animé).

-Porteurs de lunettes: Difficile voire impossible de mettre des lunettes correctrices faute de place. Toutefois même pour un « bigleux » comme moi, l’image reste correcte quoiqu’un tantinet floue.

-Interface en Anglais. Le produit démarrant à peine, gageons que d’autres langues apparaîtront bientôt. Francophones seuls s’abstenir.

-Balance de l’éclairage: Il faut suffisamment de lumière pour que le téléphone « accroche » le marqueur (disque), mais pas trop pour arriver à voir le modèle 3D. Testé en extérieur par beau temps, le fait que les modèles sont translucides n’aide pas. A contrario dans une pièce obscure le modèle est parfait mais le téléphone n’a pas assez de lumière pour reconnaître le marqueur

Le principal point noir : Le manque de contenus !

En effet, la « bibliothèque » de modèles 3D est limitée à une poignée de modèles de différents créateurs avec Google Poly. On a vite fait le tour. Pour une démo professionnelle, une maquette de terrain en 3D avec un lac et un modèle de cuisine sont présentables et parlants. Je n’ai pas testé les jeux. Mais on peut tout à fait envisager d’aller chez son client lui présenter un prototype 3D, architecture ou assemblage technique, y compris avec des animations. Moins classe qu’un Meta ou Hololens, mais mobile (pas de câbles, etc.). Magic Leap One combinant une connection bluetooth à un smartpack compact se pose là en concurrent haut-de-gamme, plus classe et avec un meilleur rendu que ce « carton ». Reste l’autonomie et la fatigue du smartphone à utilisation intensive.

La connexion est nécessaire pour charger les modèles 3D. Il est bien sûr également possible de charger ses propres modèles et se servir du SDK pour produire des applications. Ce sera la prochaine étape du test. Pour ce qui est du manque de contenu, Aryzon n’est pas commercialisé depuis longtemps, c’était donc attendu. Il y aura d’autres versions, a n’en pas douter et le contenu va s’étoffer. Aryzon possède une chaîne Youtube dédiée au support développeurs qui présente l’interface du SDK et ses possibilités.

Donc au final, Aryzon est effectivement un moyen facile d’accéder à la réalité « mixte », mais à l’usage il conviendra de bricoler et tester ses propres créations sur cette plate-forme pour garder l’intérêt. Sinon, une fois le peu de références épuisées il y a des chances qu’il reparte dans sa boîte pour quelques temps.

Et vous, avez-vous testé Aryzon ? Ou un équivalent ? Quelles sont vos impressions ? Souhaitez-vous que je teste quelque chose en particulier ?

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