Disposer d’une structure sur internet est tout aussi important que de pouvoir y accéder. Avec la lourdeur accumulée des différents navigateurs grands public et malgré leur volonté affichée de faire plus léger, il y a de vastes marges de manœuvres, mais pas que. Chrome et IE ont la fâcheuse habitude de tracker/pister les moindres actions navigateur pour mieux cibler la publicité. Mozilla est relativement « safe » a ce titre bien que la publicité et la tracking (et cookies) y sont aussi présents (finances oblige), mais le caractère open source et la volonté de ne dépendre d’aucun groupe rend le navigateur assurément plus « user-friendly ». Il est associé depuis son lancement à DuckDuckGo. Démarré aux US en 2015 le projet de Brendan Eich* et Brian Bondy a reçu des investissements de Danhua Capital, Digital Currency Group, Foundation Capital, Founders Fund, Huiyin Blockchain Venture, Pantera Capital, and Propel Venture Partners. Bien qu’open source, le business modele du navigateur est a nouvelle façon d’appréhender vie privée et revenus publicitaires, avec l’incentive d’un traçage moins lourd, de performances très supérieures et rémunération du surf.
*Brendan Eich est le créateur de JavaScript et co-fondateur de Mozilla

Screenshot BRAVE

BRAVE fait partie de ces récents navigateurs très récents, lancé en Mai 2019, en open-source et qui fonctionne sur Windows, MacOS, Linux, Android et iOS. Il est basé sur Chromium, un navigateur open source lancé par Google et utilisé comme OS sur une éphémère série de laptops. Brave se définit comme complètement « non traçé »: Pas de cookies ni de tracking. Il garantit donc par défaut une navigation anonyme. Ses points forts:
-Pour le particulier, une navigation ads-free (et plus rapide).
-Pour le professionnel, faire des évaluations de ranking sans souci de « biais ».
-Intègre plusieurs moteurs de recherche dont le Français Qwant.
-En principe 8 fois plus rapide que Chrome ou Safari (d’après le site)
-Intègre TOR
-Dispose de la synchonisation et d’une application mobile

Le système se déploie aussi au niveau des smartphone en partenariat avec l’HTC Exodus 1 comme navigateur par défaut.

Etre payé pour surfé
S’il est gratuit pour son lancement, et acquérir et fidéliser une base d’utilisateurs, Brave mise pour sa version finale une version payante. Il met en place également un système de récompense de ses sites préférés et de créateurs de contenus via un système de tokens en blockchain (« de monnaie virtuelle »).

L’un des points assez particulier de Brave est aussi de proposer un système de publicités respectant la gestion des données utilisateurs, en tant que browser privé. Il fonctionne par machine learning* et permet aux utilisateurs de gérer le volume de publicités qui leur est imposé eux-même. De plus Brave propose un système assez intérressant au niveau de la publicité via son programme d’affiliation: Les utilisateurs sont payés par l’affichage de publicités: Ils reçoivent 70% des revenus qu’ils génèrent, sur un compte bitcoin, Brave et ses partenaires recevant le reste.

*Le système de machine learning permet aux utilisateur de décider eux-même le placement des publicité et de considérer quel est le niveau d’intrusivité qu’ils supportent le mieux. Ces statistiques sont précieuses pour les publicitaires par ailleurs;

Ce système en apparence novateur a été toutefois vivement critiqué par la presse Américaine, Ars Technica, TechCrunch, Computerworld, et Engadget en particulier on créé la controverse autour du projet; Le BAT* (Basic Attention Token) est une spécificité du browser, basé sur la plate-forme Ethereum propre au browser. La NMA (News Media Alliance) à même déposé une pétition contre le navigateur.
Les paiements s’effectuent en bitcoin. Le tracking s’effectuant localement il n’y a pas besoin de tiers-partie, ce qui fluidifie la connection. Le système Brave Paiement permet de rémunérer les créateurs de contenus. C’est une alternative aux rémunération google en théorie plus intéressante, mais la diffusion sur Brave reste extrêmement confidentielle et ne se pose pas encore en alternative à Google. Outre twitch.tv, les BAT sont utilisés pour les contenus diffusés par le Washington Post, The Guardian, NPR, LA Times, Vimeo, MarketWatch, Barron’s, DuckDuckGo, Qwant, BitTorrent, Slate, et Vice.

Blocage Brave settings
Paramètres de blocage et modération du tracking et publicités sur Brave

Fonctionnement: Que vaut brave comme navigateur ?
Téléchargement d’un fichier compressé, puis installation, le process d’installation est très simple et standard. D’emblée le navigateur propose de personnaliser son expérience en important ses onglets et favoris de son navigateur préféré, puis de choisir un moteur par défaut, quoique les autres moteurs restent disponibles.

Une fois prêt a surfer on observe une barre de menu assez standard, avec un mini-tutorial pour expliquer les spécificités du navigateur. En place haute on trouve la classique barre d’adresse/moteur, un icône de compte et un icône de menu/options.

Brave et VR:
Brave et qwazaam

L’affichage se passe sans problème et est effectivement très rapide, plus que pour un navigateur classique la encore, ce qui est séduisant dans le cadre d’une présentation pro. Pour le reste, le passage d’un lien à l’autre est également fluide. Il ne bloque pas des contenus d’office et d’autorité, autorise par exemple les lecteurs flash (sans troisième partie envahissante, qui peuvent l’être). Il permet aussi d’ouvrir des fichiers pdf en interne dans le navigateur et intègre par défaut l’extension « HTTPS Everywhere ». Sur PC l’installation est assez lourde, de manière surprenante, avec plus de 570 mo et dans AppData/Local/. Chromium est quand même un OS à la base !

Au final:
Sans avoir testé les fonctionnalités publicitaires en tant qu’utilisateur rémunéré, mais juste en tant que pro, Brave est une alternative très, très rapide et solide (pas de crash ou de bugs détecté), aussi bien pour faire des recherche de ranking SEO hors sol, ou tout simplement du surf. Toutefois il reste « barebone » avec aucun catalogue d’extensions, mais certaines, basiques, intégrées d’emblée. Ce qui limite son potential sur une utilisation courante et de long-terme, à moins de planifier l’intégration soi-même d’applications Chromium, dont le choix est large. Au final, ce navigateur est toujours en évolution mais risque de rester relativement confidentiel faute de « killer app » ou d’étendre ses possibilités à l’instar de Vivaldi.

Publié par dbodesign

Créateur et entrepreneur - DBO design

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